[Juenger-list] Gnoli/Volpi: Entretiens avec Albert Hofmann

Tobias Wimbauer wimbauer at web.de
Mon Jan 9 05:05:36 EST 2006


Liebe Jünger-Freunde,

einer der engsten Freunde Jüngers wird am 11. Januar 100 Jahre alt. In Frankreich ist ein Interview-Band mit AH erschienen:


LSD: Conversations avec Albert Hofmann
Auteur: Antonio Gnoli, Franco Volpi
Editeur: Payot
Date de parution: 17 Mars 2004
Format: Broché
Dimensions: 12 cm x 20 cm x 1 cm
Prix indicatif: 11,88 € - 

Présentation de l'éditeur

Durant la guerre, un chercheur suisse, travaillant, pour le laboratoire Sandoz, sur certaines propriétés de champignons, découvre une substance aux vertus hallucinogènes. « Ma tâche, dit-il, était d’étudier, du point de vue chimique, les plantes officinales qui avaient des effets cardio-actifs, comme la digitale (digitalis) et la scille méditerranéenne (scilla maritima). C’étaient des plantes aux vertus reconnues, utilisées depuis l’antiquité, mais elles n’avaient pas encore été bien exploitées en médecine. Le problème qui se posait était d’isoler leurs principes chimiques actifs et de les amener à leur état de pureté. (
) Une fois connu le procédé pour extraire de la métergine à partir de l’acide lysergique, j’ai été en mesure d’exploiter la même méthode pour produire d’autres alcaloïdes artificiels de l’acide lysergique. En vérité, mon espoir était de trouver, de cette manière, une préparation qui aurait des effets cardiotoniques. A cette époque, on utilisait dans ce but surtout de la coramine, qui est la diéthylamide de l’acide lysergique, pour voir si elle avait le même effet cardiotonique. Le L.S.D. est l’acronyme allemand de cette substance (Lysersäure-Diäthylamid). Mais j’ai échoué. [
] Ce n’est que quelques années plus tard, en avril 1943, que je produisis, de nouveau, du L.S.D., pour en vérifier ultérieurement l’efficacité pharmacologique. Et au cours de ce travail, j’entrai dans un étrange état de conscience. Je supposai qu’une telle transformation avait été causée par la substance en question, parce que probablement, par hasard, j’en avais absorbé des fragments. Pour vérifier cette hypothèse, je fis sur moi-même une expérience avec du L.S.D. en en prenant une dose infime, un quart de milligramme. »
Le philosophe et le journaliste de la Repubblica qui l’interviewent réfléchissent avec cet esprit libre sur l’usage spécifique de cette drogue qui, sans provoquer d’accoutumance, créait chez ses utilisateurs un état d’exaltation des sensations qui, si son emploi était totalement contrôlé, pouvait aider considérablement le processus de la création artistique. On sait quelle fut l’importance du L.S.D. dans les années « psychédéliques ». Ernst Jünger, qu’Albert Hofmann rencontra très tôt, Cary Grant, de manière inattendue dans ses mémoires, Aldous Huxley, Timothy Leary participèrent, avec un sens variable de leurs responsabilités, à populariser cette substance attachée à toute une génération.
Cette rencontre avec un vieux sage, conscient des dangers extrêmes de sa découverte, qui fut rapidement mise sous contrôle par les autorités judiciaires, devant les excès de son usage, est l’occasion de réfléchir sur le rôle des drogues en général dans la création (dans une longue tradition poétique, avec Baudelaire et Quincey ou plus récemment Michaux
) et dans l’évolution des civilisations et dans leur connaissance ethnologique (depuis les fameuses cérémonies religieuses de l’Antiquité où un état de délire était volontairement provoqué par absorption de substance) : « Le L.S.D., précisent les auteurs avec de nombreuses précautions, n’est pas un livre sur la drogue. Ou plutôt il n’est pas simplement cela. Bien que nos entretiens avec Hofmann aient effectivement tourné autour de sa découverte, en réalité ils se sont élargis vers un horizon de questions beaucoup plus vastes et problématiques. Il y a un arrière-fond qui implique la façon dont l’Occident a considéré et vécu son instabilité et sa précarité. Le résultat est donc quelque chose de différent d’un des innombrables livres qui existent déjà sur la drogue et des recherches variées sur les conséquences qu’elle a eues pour notre société et sur la façon dont elle a compris sa culture. »


Biographie de l'auteur

Antonio Gnoli est journaliste et Franco Volpi enseigne la philosophie à l'université de Padoue.




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